Mouvement sensoriel & danse contemporaine : Témoignages

Béatrice Achena, biologiste

J’allais abandonner la danse amateur que je pratiquais depuis 15 ans quand on
m’a indiqué le cours de Martha. A l’époque, je subissais un tel stress professionnel depuis des années que j’avais besoin absolument d’une forme de travail qui prenne en compte mon corps tendu à l’extrême et mon cerveau en ébullition. Au premier cours, j’ai senti  que mon corps se relâchait, que je recommençais à respirer.

Je me suis laissée guider. Les premier mois, mes tensions se diluaient dans le mouvement, je retrouvais le plaisir de bouger. Ce cours hebdomadaire a été ma seule vraie respiration corporelle, le lieu où mon corps reprenait goût à une vraie vie ressentie, jusqu’à ce que les effets du stress se dissipent. Je n’ai eu besoin de rien d’autre pour y parvenir.  En même temps, émergeait une joie  de danser différente de tout ce que j’avais connu jusque là et c ’est peu de dire que la danse a toujours été une passion pour moi.  Je n’avais pas à choisir entre le bien être et la danse, les deux se nourrissaient l’un de l’autre.

Grâce au travail réalisé avec Martha, depuis 5 ans mon corps a changé. j’ai 50 ans et je suis plus souple et plus bondissante qu’à 25.

J’ai beaucoup travaillé l’improvisation. J’avais de nombreuses questions, et des début de réponses ou pas de réponses du tout.

Comment réduire la distance entre ce que je veux exprimer et le geste dansé ? comment garder intacte l’émotion du jaillissement ? comment structurer une chorégraphie à partir de l’improvisation ? Alors, j’ai commencé à avoir des réponses, qui émergeaient directement de mon corps en mouvement. je n’avais pas à chercher dans un savoir appris, je devais seulement écouter le langage de mon corps,selon ce qu’il a besoin et ce qu’il est capable de faire dans l’instant. Ce geste là est le mien, jusque dans l’erreur et l’à peu près. Il s’épure au fil du temps, car je deviens de moins en moins sourde à ce langage du corps.

J’ai toujours aimé être danseuse « amateur », pour l’intensité et le plaisir sans ombre que j’y trouvait. Il y a eu un jour particulier où je suis passée du plaisir à la joie, une joie pure, qui n’existe que par la conscience d’être pleinement en accord avec un corps en création. Il faut entendre ceci dans les deux sens : un corps qui se crée à chaque instant, un corps qui crée une danse. La danse a toujours été dans ma vie, même quand je ne dansais pas. Maintenant, je suis en danse.

[Revenir à la liste]